J’ai fait ma première retouche et ça s’est bien passé.
J’ai fait ma première retouche sur une amie et je n’en menais pas large. Est-ce ce fameux effet Dunning-Kruger qui fait que l’on a tendance à minimiser ses propres compétences ?
J’étais contente que mon amie m’en parle d’elle-même, mais d’emblée, je savais que son cas ne serait pas facile à traiter. Pas la même forme des deux côtés, la couleur passée, son tatouage est ancien et celle qui l’a fait a commis quelques erreurs. Ce n’est jamais simple de passer derrière.
Un résultat pas dingue donc et le miroir qui renvoie une image qui ne lui plaît plus. Mais comment remédier à ça ?
De la couleur pour contrecarrer le gris
Un sourcil qui a viré au gris ou au bleuté, c’est assez courant. Pour corriger, on va s’appuyer sur la colorimétrie. Deux couleurs complémentaires placées côte à côte se mettent en valeur, mais mélangées, elles s’annulent. Le bleu et l’orange sont complémentaires : un reflet gris-bleu dans la peau peut donc se neutraliser avec une teinte chaude. Et j’ai retenu un élément essentiel de mes formatrices, lque l’orange corrige et que le jaune stabilise.
Évidemment, c’est un peu plus complexe que ça. La colorimétrie joue son rôle, mais c’est la peau qui garde la vedette. Rappelez-vous si vous m’avez déjà lu, sinon pour celles qui me découvrent, je vous explique vite fait. Chaque peau ne prend pas les pigments de la même manière, tout comme on bronze plus ou moins selon notre nature. Sans compter l’hygiène de vie, la consommation de tabac ou pas. Ce sont des figurants qui ont aussi leur importance.
Un autre élément à prendre en compte, lui aussi pas de la moindre importance, c’est la manière dont les pigments ont été implantés la première fois, la technique, la profondeur. Souvent la couleur qui vire au gris vient d’une implantation trop profonde.
Alors on fait quoi ? Ni le nuancier ni la teinte vue à travers le flacon ne disent la vérité. C’est la peau qui a le dernier mot. Il faut tester et s’adapter au cas par cas.

Redessiner la forme quand c’est nécessaire
Quand les deux sourcils ne se ressemblent pas, on ne repart pas de zéro, on part de ce qui est déjà là. Et là encore, pas facile de faire un raccord couleur entre la peau non tatouée et les zones déjà tatouées et qui ont reçu la correction pour que tout se fonde harmonieusement et que le résultat soit pérenne.
Je commence par l’esquisse à la main, comme pour une première séance, et on regarde ensemble la symétrie face au miroir, puis debout, parce qu’un visage ne se lit pas pareil selon qu’on est assis ou droit.
Ensuite, soyons honnêtes : on peut ajouter du pigment là où il manque, on peut rééquilibrer en camouflant, mais l’enjeu ici est aussi de ne pas sursaturer la peau en pigment.
Tout n’est pas rattrapable en correction. Il y a des limites, et mieux vaut les connaître avant de se lancer.
Détatouer parfois se révèle être la meilleure solution
Il y a des cas où le mieux est de repartir d’une page (presque) blanche. Quand le pigment est trop foncé, trop étalé ou trop profond, aucune couleur ne le rattrapera proprement. Détatouer, ce n’est pas mon métier.
Le détatouage se fait au laser, par des médecins.
Le détatouage, ça ne donne pas de résultat immédiat et ça n’enlèvera pas tout.. Cependant cela gomme au moins 90 % des pigments. Pour les sourcils, on utilise en général un laser picoseconde. Il faut compter plusieurs séances, espacées d’environ huit semaines pour laisser la peau souffler, donc plusieurs mois avant d’en voir le bout.
Côté budget, à Bordeaux, les tarifs tournent autour de 160 € la séance pour des sourcils entiers. Ça peut vite grimper, sans compter la consultation médicale préalable que beaucoup de cabinets exigent. Il y a aussi le risque de passer des mois avec des sourcils à moitié effacés. Je comprends que dans ces cas on ait envie de tenter autre chose d’abord.
Et ma cliente ? Allez, je me lance.
L’idéal aurait été de détatouer. Mais dans le cas présent, mon amie ne voulait pas se faire détatouer. Je peux la comprendre. Alors va pour la retouche de dermopigmentation !
Je réfléchis à ce que je vais faire et je confirme avec ma mentor Ilona, un peu pour me rassurer ainsi qu’avec ma chouette pote la Jolie Dermo Nantaise (au passage si vous n’êtes pas loin de Nantes, allez vous faire tatouer les sourcils chez elle, elle est super). C’est bien d’être formée par des gens présents dans le suivi, on peut échanger sur nos pratiques et évaluer chaque intervention.
Nous sommes donc parties sur un recouvrement en deux temps :
1) La correction colorimétrique.
2) La retouche avec un brun un peu retravaillé pour le rendre chaud et stable.
On passe à l’orange
Pourquoi l’orange ? Parce que le gris qui s’est installé dans la peau a tiré vers le bleu et que l’orange est son complémentaire, comme je l’ai évoqué plus haut. En le déposant dans le gris, on le neutralise au lieu de chercher uniquement à le recouvrir.
J’ai créé mon orange, je l’ai dilué pour ne pas trop saturer la peau de pigment. On travaille la correction comme une aquarelle. Il vaut mieux avoir à en rajouter que d’en mettre trop.
la retouche pour retrouver un brun stable
Cela se passe 5 à 6 semaines de la première séance. Ça laisse le temps de voir comment la correction a pris. Ici la retouche va aussi me permettre de restructurer la ligne des sourcils et d’harmoniser l’ensemble.
Objectif : retrouver un brun chaud pour qu’il vieillisse en douceur sans griser. Le marron n’est en réalité qu’un orange dont on a baissé la lumière. C’est tout l’intérêt de connaître ses bases : on ne cache pas la couleur fautive, on fait un rééquilibrage subtil. Après une courte séance, on voit déjà une différence. Dans ma tête, beaucoup de stress en moins, car je veux toujours faire au mieux et faire le bon choix.
On finit par une séance photo, à ne jamais négliger : la photo avant et après. C’est mon expérience en chirurgie esthétique qui m’y a habituée. La photo sert à suivre l’évolution de la peau, et à voir, avec un peu de recul, ce que le miroir ne dit pas toujours. Pour une cliente, c’est une trace matérielle de mon passage, du point de départ au résultat final, en passant par les points intermédiaires. Une vraie fiche de route.
Et si c’était pour vous ?
Si vous avez un résultat qui ne vous plaît pas, des sourcils qui ont viré, une forme qui ne vous convient pas, sachez que ce n’est pas forcément irréversible, des solutions existent. On regarde ensemble, calmement, ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Et si la meilleure option n’est pas la mienne, je vous le dirai.
Pour en parler, en visio ou au studio : audrey@lestudiodermo.fr
Le Studio Dermo, Bordeaux Caudéran / Le Bouscat




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